Je ne pensais pas devoir revenir sur les transformations physiques de Michael Jackson, tant ce sujet a déjà été maintes et maintes fois débattu, et les rumeurs démenties. Mais visiblement, la sortie du biopic Michael a relancé la machine médiatique et les théories les plus folles de leurs lecteurs, même à ce sujet.
Michael Jackson : vérités et rumeurs débunkées, volume 2… (le volume 1 est ici)

Michael Jackson a-t-il voulu nier son identité ?
Oui, c’est bien ce que certains internautes prétendent. Michael Jackson aurait cherché à nier son identité afro-américaine. Notamment en blanchissant sa peau, en effaçant son nez d’origine, et en procédant au défrisage/lissage de ses cheveux… Rien que ça !
Quelques médias affirment cependant que le biopic « lève le voile » sur sa maladie de peau ainsi que sur l’accident lors du tournage de la publicité Pepsi.
Mais où étaient donc tous ces gens, ces trente dernières années ?
Le vitiligo : déjà évoqué en 1993
Personne n’ignore que la peau de Michael Jackson a changé de couleur au fil des décennies. Les premières interrogations sur sa couleur de peau ont émergé à la sortie de l’album Bad en 1987, où il apparaissait « plus clair » sur la pochette.
Michael Jackson, détestant accorder des interviews et ne voyant pas l’intérêt de parler d’autre chose que de son art, ne s’est pas exprimé sur le sujet.
Ce n’est qu’en 1993, lors d’une interview exceptionnelle accordée à Oprah Winfrey, que celle-ci va l’interroger sur sa couleur de peau. Il déclare avoir une maladie de peau provoquant une dépigmentation qu’il ne peut absolument pas contrôler. Et précise également qu’il est fier d’être un noir américain. Il ne nommera pas la maladie, mais il en parle, en 1993.
Soit, il y a 33 ans !
Je peux comprendre que l’on puisse ne pas croire une personne sur parole. Je laisse donc le bénéfice du doute à tous ceux qui ont laissé cette question en suspens. Jusqu’en 2009. Ensuite, plus personne n’a d’excuses pour prétendre qu’il se faisait blanchir la peau.
Pourquoi ?
Parce que c’est écrit dans le rapport d’autopsie rendu public après sa mort, page 14. Et que les médias ont, pour une fois, fait l’effort d’en parler et de reconnaître leurs torts à demi-mot.
Lire le rapport d’autopsie.
Par conséquent, le biopic Michael ne lève en rien le voile sur cette maladie, connue depuis 1993, et confirmée en 2009.
En savoir plus sur le vitiligo.
Chirurgies nasales : les origines du mal
Ce n’est pas un secret : Michael Jackson a subi plusieurs interventions chirurgicales au niveau du nez.
Il est maintenant connu que durant son enfance, Michael Jackson subissait les moqueries et humiliations de son père qui le traitait de « big nose » (gros nez).
L’amour propre, chez un enfant, se construit autour de l’amour et de la confiance que lui apportent ses parents. À l’inverse, les moqueries et humiliations provoquent des traumatismes psychologiques parfois irréversibles et dévastateurs.
Selon le psychiatre britannique renommé Bob Johnson, interviewé à ce sujet, Michael Jackson souffrait très vraisemblablement de dysmorphophobie.
Qu’est-ce que la dysmorphophobie ?
La dysmorphophobie est un trouble psychique classé parmi les troubles obsessionnels. Elle se caractérise par une préoccupation intense et obsessionnelle pour un ou plusieurs défauts de l’apparence physique, qui sont souvent inexistants ou légers. Cette condition entraîne une souffrance significative et perturbe le fonctionnement quotidien de la personne.
Les individus atteints de dysmorphophobie passent souvent plusieurs heures par jour à s’inquiéter de leur apparence, et peuvent adopter des comportements répétitifs pour tenter de corriger ou de cacher ces défauts perçus.
La définition de ce trouble correspond effectivement parfaitement au comportement obsessionnel de Michael Jackson pour son nez, et aux chirurgies répétées pour le corriger. On dit merci qui ? Merci Papa…
N.B : à ne pas confondre avec la dysmorphie, même si les deux troubles sont très similaires. En effet, la dysmorphie est généralement moins intense et peut ne pas nécessiter de traitement, tandis que la dysmorphophobie est une condition sérieuse nécessitant souvent une intervention thérapeutique ou des antidépresseurs.
L’argent, plutôt que la déontologie.
Lorsque l’on s’appelle Michael Jackson, autant dire que les chirurgiens plasticiens ne vous envoient pas chez un thérapeute s’ils peuvent gagner « un peu plus » d’argent en opérant à de multiples reprises…
Le même problème s’est posé, toute sa vie durant, avec les personnes qui l’entouraient. Conseillers, médecins, entourage professionnel, famille, et j’en passe…
Michael Jackson n’était plus considéré comme un être humain, mais comme une machine à cash. Quitte à le laisser se détruire, physiquement et psychologiquement.
Et l’on se demande encore pourquoi il préférait s’entourer d’animaux et d’enfants…
Non, il n’était ni bizarre, ni « pas normal », ni pédophile. Il se réfugiait auprès de ceux qui l’aimaient pour ce qu’il était, et non pour son compte en banque.
Ce qui est bizarre et pas normal, c’est la vie qu’il a eue dès l’âge de 5 ans : privé d’enfance, privé d’amis, privé de jeux, battu, humilié, le travail acharné pour seule occupation.
L’accident Pepsi et ses conséquences
Le 27 janvier 1984, lors du tournage d’une publicité pour Pepsi, les effets pyrotechniques censés se déclencher à sa descente d’un escalier, sont projetés sur sa chevelure gominée qui s’embrase immédiatement. Lui ne s’en rend pas compte de suite, dévale les escaliers, commence à virevolter, jusqu’à ce que l’équipe présente se précipite sur lui afin d’éteindre le feu. Il s’effondre, son crâne présente une calvitie sur plusieurs centimètres, et des brûlures au deuxième et troisième degré. Il sera transporté d’urgence à l’hôpital où il recevra les soins nécessaires.
Les douleurs seront tellement intenses qu’il sera sous traitement médicamenteux à compter de ce jour et jusqu’à la fin de sa vie, 25 ans plus tard.
Son addiction médicamenteuse a commencé ce 27 janvier 1984, avec l’accident qui changera sa vie à tout jamais.
Pour l’anecdote, il faut savoir qu’entre sa naissance le 29 août 1958 et la date de cet accident le 27 janvier 1984, il s’est écoulé 9283 jours. Entre la date de cet accident et le décès de Michael Jackson, il s’est écoulé 9282 jours. À l’exact milieu de sa vie, celle-ci a basculé. Il est parfois des « coïncidences » qui n’en sont peut-être pas…
Michael Jackson se défrisait-il les cheveux pour effacer son identité ?
Hé bien non, Michael Jackson ne se défrisait pas les cheveux, il ne les lissait pas non plus. Il portait des postiches ou des perruques.
Pas par envie, mais par obligation. Il souffrait d’une calvitie sur le dessus de la tête qui l’obligeait à porter des postiches afin de recouvrir la partie dénudée de son crâne. Par la suite, il portera des perruques entières, tantôt frisées, tantôt raides.


Sur cette vidéo de son dernier shooting photo en 2007, soit 23 ans après l’accident, on peut observer la douleur qu’il ressentait encore au toucher.
Un monde d’apparences…
Michael Jackson a démarré sa carrière à la Motown en 1969. Il est mort en 2009. Pendant quarante ans, sa vie et son apparence auront été disséquées plus que pour n’importe quel autre artiste.
Dans un milieu artistique où la chirurgie esthétique règne, particulièrement aux Etats-Unis, il aura été le seul à faire l’objet d’autant de rumeurs, de critiques, de moqueries, de jugements impitoyables.
Dans un monde obsédé par les apparences, il était une cible facile.
Mais derrière tout cela, il y avait une réalité : une maladie, des traumatismes psychologiques, un accident. Et surtout, un être humain.
Alors, avant de juger un visage, il serait bon de se souvenir que derrière, il y a une histoire, et des batailles que personne ne connaît.
Même si dans son cas, ces batailles ont très vite été connues. Il était plus vendeur pour les médias de les ignorer. Et plus gargarisant pour la nature humaine d’humilier encore un peu plus un homme ayant déjà subi ces mêmes humiliations de la part de son père étant enfant.
Michael Jackson affectionnait particulièrement un proverbe indien :
Tu ne peux pas juger un homme sans avoir marché deux lunes dans ses mocassins.
À méditer, pour beaucoup… un peu de psychologie, un peu d’empathie, ça ne fait jamais de mal à personne. L’inverse, si.
